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Rimouski, à travers sa ligne du temps

Extrait d’une carte topographique, à l’échelle 1 :50 000, localisant l’Anse à Marsouin au sud-ouest de l’île Saint-Barnabé.La chasse au marsouin à Rimouski

La chasse au marsouin commun a longtemps été pratiquée à Rimouski. Les habitants d’ici le désignaient du nom de pourcil, une espèce distincte du béluga ou marsouin blanc.

En 1703, René Lepage de Sainte-Claire achète le fief Pachot, situé près de la rivière Mitis. Il paye en partie son achat par une barrique d’huile de poisson, peut-être de l’huile de pourcil. À cette époque, le terme huile de poisson désigne indifféremment l’huile de marsouin, de béluga, de phoque ou de foie de morue. Lepage pratique vraisemblablement cette chasse en collaboration avec les quelques colons qui l’accompagnent aux débuts de Rimouski, aidés des Mi’gmaq et des Malécites du pays, qui en sont coutumiers.

Les chasseurs poursuivent le mammifère à bord d’une chaloupe à voile montée par deux hommes dont l’un, posté à l’avant, harponne l’animal, tandis que l’autre gouverne l’embarcation. Le harpon utilisé se prolonge d’un câble au bout duquel une bouée, fabriquée d’une peau de phoque cousue hermétiquement et gonflée d’air, force l’animal vers la surface.

L’huile de pourcil est prisée puisque destinée à des usages variés comme la cuisson des aliments ou l’éclairage des habitations.

Cette chasse devient coutumière à Rimouski, puisqu’à l’exposition universelle de Paris de 1855, des échantillons de cette huile sont exposés au pavillon du Canada. Ils ont été fournis par Louis-Jacques Lepage et Nicolas Lévesque de l’île Saint-Barnabé. En 1858, le Malécite François Thomas Saint-Aubin de Sainte-Blandine achète une chaloupe, tandis que son parent, du même endroit, Xavier Saint-Aubin, en acquiert une autre en 1866, achat pour lequel il s’engage à payer avec la graisse de deux pourcils.

En 1871, George Stephen, oncle d’Elsie Reford, premier propriétaire du site des Jardins de Métis, s’associe avec le commis-marchand Pierre-Maurice Adhémar, le marchand Louis-Antoine D’Astous de Rimouski, Adolphe Raymond Pinsonneault et Alfred Blais. Leur Compagnie de pêche aux marsouins de Rimouski a pour but d’en capturer au moyen de rets ou filets flottants en dérive.

Le 17 juillet 1879, le Nouvelliste de Rimouski annonce que le Malécite François Saint-Aubin a capturé, au nord de l’Île Saint-Barnabé, un marsouin mesurant 18 pieds.

Ces quelques informations démontrent que la chasse au marsouin fut longtemps habituelle à Rimouski. Au surplus, peut-être que cette tradition fut à l’origine du toponyme de l’Anse à Marsouin, laquelle se retrouve sur la rive sud-ouest de l’île Saint-Barnabé, un endroit propice au mouillage des chaloupes et de leurs prises et où se trouve un petit pré en friche, qui aurait pu jadis servir aux installations de fonte de la graisse des pourcils.

Références bibliographiques

Le phoque commun fut longtemps chassé pour son huile et sa peau dans la région de Rimouski. Dessin par Alain Ross.La chasse au loup-marin à Rimouski

À Rimouski, la chasse au loup-marin remonte à des temps immémoriaux! Les Mi’gmaq l’ont d’ailleurs longtemps pratiquée dans la région. Ainsi au Bic, en mai 1684, des Mi’gmaq de la Baie des Chaleurs ont cinq cabanes et s'apprêtent à chasser le loup-marin et pêcher le saumon.

Au même endroit, le seigneur du Bic, Charles-Denys de Vitré, s’est associé dans la production d’huile de loup-marin avec Denis Riverin. Cette huile sert à l’alimentation, à la cuisson et à l’éclairage. En 1687, de Vitré loue sa seigneurie pour dix ans à Jean Gagnon, moyennant vingt-deux barriques d’huile de loup-marin.

L’usage et le commerce d’huile de loup-marin se poursuivent dans la région : un siècle plus tard, en 1797, à l’îlet au Flacon à Saint-Fabien, Marie Caresse vend deux barriques d’huile à son fils Antoine, pilote du Saint-Laurent. En outre, en avril 1858, le chasseur Charles Ross doit fournir à Majorique Côté, gendre du notaire Pierre Gauvreau, la quantité de sept-cent cinquante à mille gallons d’huile de loup-marin de bonne qualité tandis qu’en 1859, Joseph Parent et Jean Therrien chassent sur la rive nord pour le compte du marchand Amable St-Laurent de Rimouski.

La peau de loup-marin, imperméable, est aussi convoitée. Elle sert notamment à confectionner des sacs, comme celui que possède l’entrepreneur forestier de Rimouski Charles-Georges Fraser en 1802 ou encore celui de Joseph Côté de la rivière Hâtée en 1815. À Sainte-Luce, le pilote Célestin Côté possède deux valises couvertes en loup-marin en 1845 tandis que le pilote Régule Banville de Rimouski a une valise couverte en loup-marin en 1856.

Dans les années 1960, des autochtones du nord du fleuve viennent encore camper au parc du Bic, sur l’île aux Canards, face à la ferme Rioux, pour chasser le phoque gris et le phoque commun, principalement pour sa peau servant à la fabrication de bottes et de mitaines.

Références bibliographiques

Georgiana Bouillon, deuxième épouse de Louis-Jacques (Jacquot) Lepage, devant la maison sur l'île Saint-Barnabé. Photographe inconnu. Photographie noir et blanc. Collection : Société rimouskoise du patrimoine. Don de sœur Annette Leclerc, RSR. SRP-2015.11.30L’histoire de l’île Saint-Barnabé après Toussaint Cartier

Après le décès de Toussaint Cartier en 1767, les archives révèlent qu’en 1772, le dernier seigneur Lepage, Louis, fils de Germain, Pierre, son oncle et tuteur de 1756 à 1772, et sa tante Marie-Agnès, sont propriétaires de l’île. Louis, d’après son compte de tutelle, a des droits « dans les pesches à saumon de l’Isle St Barnabé et pour les grains provenant du désert que le feu hermitte y avait fait ».

En 1777, Pierre obtient de son neveu la reconnaissance des droits qu’il possède sur l’île St-Barnabé. Il les transmet en 1781 à son fils le capitaine de milice Joseph Lepage, qui obtient la jouissance de toutes les pêches et terres que son père y possède.

Joseph Drapeau acquiert en 1790 la seigneurie de Rimouski, ce qui inclut la plus grande partie de l’île. Pierre et sa sœur Marie-Agnès demeurent propriétaires de « l’étendue de l’hermitage de trois arpents de terre cultivée par l’hermite plus sept autres en bois debout ».

En 1791, Marie-Geneviève, fille de Marie-Agnès, devient propriétaire de la Maison Lamontagne et d’un terrain de trois arpents, l’ancien champ de Toussaint Cartier concordant à la partie est des actuels champs de l’île.

Marie-Geneviève cède ses propriétés à son petit-neveu Alexandre Côté en 1836. En 1844, par échange, Joseph Baquet dit Lamontagne devient le propriétaire de la Maison Lamontagne et du terrain de l’île qu’il cède à son fils Octave. Pascal Bélanger achète des Lamontagne la terre de l’île en 1855 et la vend aussitôt à Louis-Jacques Lepage.

En 1799, les dix héritiers de Pierre Lepage se partagent sa terre de l’île. Son fils Nicolas-François acquiert des parts composant quatre arpents de front, tandis les trois autres arpents demeurent dans le giron d’autres membres de la famille à raison de parcelles d’environ 40 mètres de largeur chacune.

La propriété de Nicolas-François passe à ses fils François et Amable en 1824. Ils la donnent à leur neveu Nicolas Lévesque en 1850, lequel, pour former sept arpents de front, achète les parts des autres descendants de Pierre Lepage en 1855.

De son côté Ulric-Joseph Tessier, vers 1860, établit une ferme comprenant une pêche à fascines sur la partie ouest des actuels champs de l’île. Laurent Bouillon en est son fermier.

Louis-Jacques Lepage, habitant de l’île, épouse en secondes noces Georgiana, fille de Laurent Bouillon en 1872 et il achète de Louis Lévesque, le fils de Nicolas, l’ancien terrain des descendants de Pierre Lepage en 1897. Sa propriété totalise alors 10 arpents de front.

En 1904, la veuve de Louis-Jacques Lepage fait cession de la propriété de l’île à son fils René, qui la transmettra plus tard à son fils Théodore.

Pendant tout ce temps, l’île est habitée. Probablement que les Lepage y mandatent un fermier, comme Louis Trudel qui y habite entre 1782 et 1789. Les Mi’gmaq fréquentent l’île où décèdent de la picote Grégoire Pierre et sa fille Marie Pierre en 1794. Michel Coulombe, professeur au collège de Rimouski, y exploite une pêche en 1863, tandis qu’en 1866, Louis-Jacques Lepage, Laurent

Bouillon et Simon Chalifour récoltent 300 saumons et 3 100 aloses dans leurs pêches à fascines. Ignace Saint-Pierre habite l’île entre 1867 et 1872. Le fermier des Tessier est Évariste St-Pierre en 1890 et Alphonse Lavoie en 1893.

Références

Le journaliste François Raymond en reportage pour CJBR Rimouski devant une partie de l’éboulis de 1951. Source : BAnQ Rimouski, Fonds J.-Gérard Lacombe, 10 août 1951, 01R, P24, S3, SS7, D52.L’éboulis de 1951 à Rimouski

Quinze mois après la nuit rouge du grand feu de Rimouski du mois de mai 1950, un glissement de terrain survient sur la rivière Rimouski au mois d’août 1951. Cette catastrophe marque l’imaginaire des Rimouskois qui désignent le phénomène du nom de l’éboulis. La rue de l’Éboulis, dans le district de Sainte-Odile, commémore l’événement.

L’éboulis se produisit en deux temps. En fin de soirée du 3 août, un banc d’argile d’environ 800 mètres de largeur bordant la rivière se détache au sud des rues de la Carrière et de Montmagny de Sacré-Cœur. Il glisse pour aboutir du côté de Sainte-Odile, vis-à-vis des actuelles rues de l’Éboulis, des Rapides et Gagné Nord, obstruant complètement le cours de la rivière. En amont, l’eau monte de près de 5 mètres au-dessus de sa cote habituelle et inonde une douzaine de bâtiments, dont quatre résidences. À l’époque, le sentier actuel du parc Beauséjour menant au pont suspendu qui enjambe la rivière fait office de chemin et il est lui aussi submergé jusqu’à atteindre par endroits le niveau de l’actuelle rue Tessier.

De la machinerie est mobilisée pour pratiquer une tranchée destinée à faciliter l’écoulement de l’eau vers l’aval, mais dans la nuit du 5 au 6, un second glissement, plus important, se produit, ensevelissant partiellement la machinerie. Un million de mètres cubes d’argile bloquent la rivière. En amont, le niveau de l’eau atteint 10 mètres.

Au fil des jours, la rivière se fraie un canal et rétablit graduellement son cours. Néanmoins, à l’été 1953, une tranchée de 400 mètres de longueur sur 5 mètres de profondeur doit être pratiquée pour favoriser l’écoulement de l’eau.

Aujourd’hui, près du sentier longeant le ruisseau Levasseur, d’anciens peupliers de Lombardie et quelques pommiers marquent encore l’emplacement d’une des maisons dévastées qui coïnciderait avec celle ayant appartenu à Lionel Roy.

Références

Photographie de la maison construite par Honorat Lepage vers 1815, encore située au 451, rue Tessier. Collection André Canuel.Sainte-Odile, berceau de Rimouski

La municipalité de paroisse de Sainte-Odile fut constituée en 1942. Son territoire débutait à la rue Sirois en continuant vers l’ouest jusqu’à Beauséjour, près de l’actuel pont de l’autoroute 20 enjambant la rivière Rimouski, avec en front la rivière et au sud celle du Bois-Brûlé de Sainte-Blandine.

Il s’agit là du berceau de Rimouski car, d’après la tradition, René Lepage y bâtit sa première maison en arrivant ici en 1696. Son fils, Pierre Lepage de Saint-Barnabé y eut aussi une maison, jusqu’à son décès en 1754, tout comme ses fils Pierre et Louis, qui obtinrent en partage la propriété de leur père en 1746.

Entre 1781 et 1810, de l’est à l’ouest, se retrouvent le Capitaine de milice Joseph Lepage, qui habite la maison de son père Pierre, au 366, rue Saint-Robert; son fils Paul, lequel habite la première maison de René Lepage; Jean-Marie Bélanger et Chrysostome Canuel, qui ont eus de Jean-Baptiste Côté l’ancienne maison et la terre de Louis Lepage; Louis-Joseph Lepage, fils du capitaine Joseph; Honorat Lepage, constructeur vers 1815 d’une maison de colombage au 451, rue Tessier et, finalement, Joseph Lévesque, sur la terre duquel se trouve l’actuelle rue du Moulin au pied de laquelle les moulins à scie et à bardeau se trouvent.

En 1880, 16 familles exploitent des terres le long du chemin du roi correspondant au tracé de l’actuelle rue Saint-Robert à son extrême ouest. La première maison à l’est est celle de François-Xavier Boucher, qui habite l’ancienne maison du capitaine Lepage sise au 366, laquelle sert de relais pour la poste à Rimouski. Boucher exploite aussi un moulin à scie sur le ruisseau qui porte son nom, lequel correspondait à l’ancien ruisseau du Moulin sur lequel René Lepage avait bâti un premier moulin à farine et où Pierre Lepage de Saint-Barnabé fils exploita un moulin à scie.

Vers l’ouest suivent les autres habitations, tandis que 28 autres ménages sont installés au rang Beauséjour.

Les propriétaires de terres entre les actuelles rues Ross et Bélanger louent des terrains où s’établissent des artisans et des journaliers qui, pour plusieurs, travaillent dans les scieries en bordure de la rivière.

Les premiers marchands à s’établir à Sainte-Odile, entre 1898 et 1928, sont Jean-Baptiste Corbin, Alfred Robichaud, Émile et Alexis Fraser et Laurent Lepage.

Vers 1950, la famille Lepage est encore enracinée dans le berceau de Sainte-Odile. Des 242 familles que compte l’endroit, 46 sont des descendants de René Lepage.

Références

La maison Philippe Lavoie et l’hôtel Lavoie dans le secteur du quai sur la route Nationale, avant 1885. Fabricant non identifié. Carte postale noir et blanc. Collection : Société rimouskoise du patrimoine. Don de madame Micheline Tremblay. SRP-2015.3.1.3Rimouski-Est et son quai

Rimouski-Est est particulièrement connu pour son quai qui fut à l’origine de cette municipalité fusionnée à la ville de Rimouski en 2002. L’occupation de son territoire date des débuts de l’histoire des seigneurs Lepage à Rimouski.

L’un des premiers à y demeurer fut Jean Auger dit le Basque, familier de René Lepage, qu’il aida au sauvetage des marchandises de La Hollande, naufragée à Mille-Vaches, en face de Rimouski, en 1709. Auger avait épousé Marie-Louise, fille de Louis D’Amours des Chauffours, seigneur de Jemseg, au Nouveau-Brunswick actuel, en 1703. Après le décès d’Auger en 1712, sa fille Marie, épouse de Pierre-Joseph dit Langoumois, cède la terre de son père à Joseph Gasse de Québec en 1724. L’entrée de l’actuel quai de Rimouski-Est correspond à ce site.

Au nord-est de la terre de Gasse se trouve celle de Jean Pineau à Rimouski dès 1730. Ils ont comme voisins Antoine Ruest (1734) et Jacques Bouillon (1738). Tout le secteur est habité vers 1740.

Le pilote Joseph Lavoie des Éboulements est propriétaire de la terre de Pineau vers 1776. Elle passe à son fils René (1787) et à son petit-fils Antoine (1825).

Le premier quai de Rimouski-Est (site de l’actuelle marina) est construit en face de la terre des Lavoie entre 1852 et 1855.

Le marchand Majorique Côté aménage une jetée près du quai dès 1853. En 1855, Joseph St-Laurent y ouvre un magasin général en activité pendant quatre générations (1855-1973). À proximité, Elzéar Lavoie exploite un hôtel acquis par Jean St-Laurent en 1885. Ultérieurement les hôtels Canada puis Normandie y prendront place. Marins et débardeurs s’installent près du quai.

En 1939, la nouvelle municipalité de Rimouski-Est compte 21 cultivateurs, une chapelle et une école, trois hôtels, un café, une salle de billard et 34 résidences localisées près du quai, le long de la route nationale.

Références

La pointe à Batoche, Rivière Hâtée, [approximativement vers les années 1900] Photographe non identifié. Archives nationales du Québec à Rimouski (P60).Le peuplement de la seigneurie du Bic

Le territoire de la seigneurie du Bic fut le premier endroit de l’actuelle ville de Rimouski à accueillir des habitants autres que les Mi’gmaq et les Malécites.

En 1675 Charles Denys de Vitré obtient la concession du Bic où il établit un poste de pêche et de traite des fourrures avec les autochtones. Par la suite, Jean Gagnon et sa famille exploitent le poste pour de Vitré entre 1686 et 1690. Plus tard, des habitants de la Côte du Sud viennent exploiter les pêcheries de saumon et de hareng sur une base saisonnière. À la création de la station de pilotage du Bic, en 1762, des pilotes occupent l’île du Bic. De huit à dix pilotes y résident en 1768 et certains d’entre eux passent l’hiver à la Pointe du Vieux Bic.

Le pilote Joseph Mignot dit Labrie s’établit à demeure au Cap-à-l’Orignal avant 1783, et son gendre, Jean-Pierre Arseneau, s’installe à la Pointe-aux-Anglais avant 1801. La maison d’Arseneau devient la propriété de l’aubergiste Paul Côté de Montmagny en 1818.

De 1818 à 1822, Azariah Pritchard concède 21 terres au Bic et son successeur Archibald Campbell en octroie 23 autres entre 1823 et 1825. Campbell et quatorze de ses censitaires érigent cette année-là un moulin à farine sur la rivière du Bic.

Les recensements révèlent qu’il y a au Bic neuf maisons en 1825, quatre de plus en 1831 et sept autres en 1845.

Le marchand colporteur de Québec William Gibson s’installe sur le site de l’actuelle ferme Gagnon du parc du Bic en 1837. Six ans plus tôt, Geneviève Canuel, surnommée la Batoche, avec son mari Jean-Baptiste Fournier bâtissent une maison encore existante à la Pointe-à-Santerre.

Des moulins à scie sont exploités par William Price sur la rivière du Bic et sur celle du Sud-Ouest en 1846 et 1847. Une chapelle et une école sont construites en 1850. La communauté rurale du Bic s’établit et elle perdure encore en 2021.

Références

Regroupement de chevaux d’attelage à Sainte-Blandine, vers 1915. Photographe non identifié. Archives nationales du Québec à Rimouski (P71).Les débuts de la colonisation à Sainte-Blandine

D’après la monographie de Sainte-Blandine 1881-1981, Athanase, Antoine et Anselme Proulx, fils de Pierre Proulx, ainsi que Célestin Brisson, Prudent Soucy et Noël Ross, partent de Rimouski s’établir à la montagne du Bois-Brûlé, dans le canton Macpès, vers 1854-1855. Les Malécites Saint-Aubin habitent déjà en haut de la montagne.

Ces nouveaux arrivants s’approprient des terres de la couronne et s’y installent. Certains défrichent pour spéculer ou pour laisser une terre à la famille, tel Amable Brisson qui donne une terre qu’il possède par préemption et droit primitif d’occupation à son fils Pierre en 1851.

En 1855, l’arpenteur G. Garon subdivise les lots du canton Macpès. Il signale des défrichements en bas de la montagne du Bois-Brûlé, et en haut, sur les lots 9 à 23 et 30 à 40 du rang I. Cette année-là, Germain Banville et Ulgère Brisson accordent le droit de bâtir un moulin à scie à François Lavoie et Pierre Proulx, au ruisseau de la Grande Coulée.

En 1864, l’arpenteur Auguste Bradley rapporte « qu’il y a au-delà de 50 cabanes à sucre déjà établies, les colons sont au nombre de 45, dont quatre réguliers et dix-sept résidents. » Bradley indique sur un plan le chemin de chantier Price, lequel longe le rang I Ouest, puis bifurque au sud, en montant en haut du lac Ferré.

Victoria Collin donne un terrain pour la chapelle en 1868. Treize ans plus tard, un recensement rapporte la présence de 56 maisons, 86 familles, environ 500 habitants. En 1884, Ferdinand Corriveau y opère un magasin, suivi de Régis Ross en 1888 et d’Hubert Fillion fils en 1890. Depuis cette époque, Sainte-Blandine a su conserver son cachet rural si attachant. 

Références

Extrait d’un plan de 1774 localisant la maison de Louis Lepage de Saint-Germain. BAnQ Rimouski, P1, S100, P3. Plan de Rimouski dressé par l'arpenteur Ignace Plamondon en 1774, présenté à la cour des plaidoyers communs pour établir les limites des concessions des seigneuries du Bic, de Rimouski et St-Barnabé, 30 janvier 1778.La maison seigneuriale de Germain Lepage de Saint-Germain

Germain Lepage de Saint-Germain, fils aîné de Pierre Lepage de Saint-Barnabé, épouse Geneviève Rioux en 1746. Il devient seigneur de Rimouski au décès de son père en 1754 et décède à son tour en 1756. Son fils aîné Louis est sous tutelle de son oncle Pierre Lepage de Saint-Barnabé fils jusqu’en 1772.

Cette année-là, la seigneurie est arpentée. Un plan localise la maison de Louis Lepage de Saint-Germain, sur la rive droite de la rivière Rimouski. Ce dernier vend sa seigneurie à Joseph Drapeau en 1790.

Drapeau en confie la gestion à Augustin Trudel qui occupe la maison du domaine. Trudel, en 1794, épouse Catherine Drapeau, sœur de Joseph Drapeau, tandis qu’un plan du tracé du Chemin du Roy situe la maison.

En 1803, Joseph Drapeau donne la maison et une partie de la terre du domaine au couple Trudel-Drapeau. Trudel décède sans enfants en 1826. Sa veuve épouse Alexis Rivard en 1831. Un plan localise la maison du domaine en 1840. En 1848, Catherine Drapeau donne un terrain aux seigneuresses Drapeau qui y ont construit le manoir Saint-Germain en 1845. Alexis Rivard décède en 1854. Catherine Drapeau donne alors sa terre et sa maison aux seigneuresses Drapeau. Adelaïde Drapeau en devient seule propriétaire puis donne la propriété à sa fille Adèle, épouse d’Ulric-Joseph Tessier en 1860. En 1870, le manoir est agrandi et les bâtiments, dont l’ancienne maison, sont réparés. Des fermiers l’occupent. Un plan de 1905 localise la maison. Le forgeron Thomas Perron l’acquiert en 1915 puis la donne à son fils Jean-Marie en 1947. La maison du 265-269, rue de l’Évêché Ouest correspondrait à l’ancienne maison seigneuriale de Germain Lepage de Saint-Germain.

Références

Le flottage du bois sur la rivière Rimouski en amont du pont ferroviaire, Isidore Blais. Carte postale noir et blanc, Collection : Société rimouskoise du patrimoine. Don des Archives des sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire. SRP-2016.15.58L’exploitation forestière, moteur du développement de Rimouski, 1825-1964

La ville de Rimouski voit son panorama, à l’origine essentiellement maritime et agricole, se transformer de 1825 à 1840 par le développement de l’exploitation forestière. Un village s’établit progressivement près de la troisième église et un faubourg naît, le Petit Rimouski, près de la rue Sirois, future paroisse Saint-Robert.

1 650 billots de pin sont sciés au moulin Harvey situé près de l’actuelle usine Boralex en 1825 et 2 225 en 1826. Les pinèdes se trouvent le long de tous les cours d’eau de la région. En 1829, on coupe du bois jusqu’au Lac Macpès.

Des trois moulins existants, William Price achète celui du site de l’usine Boralex en 1829. La même année, il en construit un autre au pied de la rue du Moulin, maintenant à Sainte-Odile, où sont sciés 10 000 billots.

En 1837, 26 000 billots sont coupés le long du bassin de la rivière Rimouski. En 1847, des moulins sont établis sur les rivières du Sud-Ouest, du Bic, Hâtée, Rimouski, les ruisseaux Germain-Roy et Sainte-Anne (Pointe-au-Père). On fait chantier sur la Grande et la Petite rivière Rimouski, des Écores, Bois-Brûlé, aux lacs des Vingt-Quatre arpents, Touladi, Chaud et Ferré, aux rivières du Sud-Ouest, du Bic et Hâtée. Des habitants deviennent entrepreneurs ou commerçants de bois. Plusieurs draveurs provenant de la région de Chaudière-Appalaches viennent s’établir. Les seigneuresses Drapeau et Pierre Gauvreau font bâtir des moulins, rue du Moulin, auprès de celui de Price.

La production s’intensifie. La ville de Rimouski est créée en 1869. Les Price s’installent à l’embouchure de la rivière en 1901. La population de la ville passe de 1 804 à 5 589 habitants de 1901 à 1931 et atteint 20 000 habitants en 1966 quand la compagnie Price vient d’abandonner sa production.

 Références

Bibliothèque nationale de France : Jean-Baptiste Franquelin, 1685, Carte du grand fleuve St Laurens dressée et désignée sur les mémoires et observations que le Sr Jolliet à très exactement faites en barq (détail).Où se trouve la Pointe-au-Père?

Le toponyme Pointe-aux-Pères proviendrait du fait que le père Henri Nouvel célébra une messe, en 1663, « en face de l’île Saint-Barnabé. » En 1685, ce toponyme apparaît pour la première fois sur une carte dressée d’après les observations de Louis Jolliet.

Sur cette carte, vis-à-vis de la Pointe-à-Pouliot, un dessin d’ancre indique un mouillage et est accompagné du toponyme Pointe-aux-Pères. Au nord-est de cet endroit se trouve une autre pointe correspondant probablement à l’actuelle Pointe-au-Père.

En 1696, Pierre Lessard et Barbe Fortin, veuve de Pierre Gagnon, obtiennent une seigneurie en concession, « à prendre au sud-ouest depuis la Pointe au père appartenant au sieur René Lepage. » En 1717, René Lepage achète des héritiers de Barbe Fortin et de Pierre Gagnon la partie ouest de cette seigneurie. En 1750, Pierre Lepage de Saint-Barnabé achète d’Alexandre Gagnon le reste de cette partie de la seigneurie, « située au nord-est de la Pointe-au-Père. »  

En 1751, Pierre Lepage de Saint-Barnabé, entre les seigneuries de Rimouski et de Lessard, obtient une concession de cinq kilomètres, « en descendant au nord-est, jusques et compris la pointe de l’Islet aux Pères. » Cet îlet correspond à l’affleurement rocheux situé à l’ouest du quai de Pointe-au-Père, endroit inondé seulement par les marées extrêmes.

En 1747, Paul Lepage de la Mollaie achète la partie nord-est de la seigneurie Lessard, de l’avenue de l’Empress jusqu’au ruisseau à la Loutre. Un document de 1767 désigne Paul Lepage comme seigneur de la Pointe au père. Le toponyme Pointe-aux-Pères devient Pointe-au-Père et se déplace ainsi d’un endroit à un autre.

 Références

Le cœur villageois de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur vu du haut de la montée des Saules, vers 1910. Carte postale sépia. Collection : Société rimouskoise du patrimoine. Don de madame Carmen Parent. SRP-2021.6.1De l’Anse-au-Sable à Sacré-Cœur

L’Anse-au-Sableau 18e siècle, désignait le territoire de Sacré-Cœur. En 1753, Antoine Gagnon vend sa terre de l’Anse-au-Sable, où il tend une pêche à fascines, à son neveu Jean Gagnon. (Cette famille Gagnon, comprenant aussi Jacques, Paschal et Pierre, des pêcheurs saisonniers de Rivière-Ouelle, fils de Jacques Gagnon, crée une société de pêche au marsouin en 1705. Antoine et Pierre ont exploité, dans la région de Rimouski, la graisse de deux baleines en 1751 et 1754. Pierre vivait quant à lui avec la Malécite Marie-Anne Dechiche.)

Le toponyme désigne alors l’étendue de terrain allant de la rue des Braves jusqu’à la route Mitoyenne, au nord-est de la rue Pierre-Parent.

En 1773, Paul Lepage de Molé et son neveu Pierre Lepage de St-Barnabé fils opèrent toutes les tentures à saumon qui sont dans l’Anse-au-Sable. (Paul Lepage : « Mon dit neveu fournira 5 saumons boucanés loyal et marchand par chaque cent ».)

En 1791, Joseph Drapeau reconnaît à Pierre Lepage de Saint-Barnabé fils et à sa sœur Marie-Agnès Lepage, épouse de Basile Côté, la possession d’une partie du territoire de l’Anse-au-Sable, de la rue des Braves jusqu’à la rue du Rocher-Blanc. Les héritiers Lepage et Côté en demeurent propriétaires jusqu’à l’abolition du régime seigneurial en 1854.

Toutes les terres de l’Anse-au-Sable sont concédées vers 1810. Une quinzaine de pêches à fascines sont tendues jusqu’au bout de l’Ilet à Canuel. En 1868, 302 saumons, 2 492 aloses et 8745 barils de hareng sont pris dans quatorze pêches.

L’endroit devient la paroisse de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur en 1875. Un village s’organise avec au centre l’église. Il compte 35 immeubles sur un kilomètre en 1936. 35 fermes sont établies au premier rang, 26 autres aux 2e et 3e rang. Amédée Caron et Dollard Dorval opèrent des restaurants. Charles Langis reçoit à l’Hôtel Bellevue et J.-A. Caron dirige l’Hôtel du Rocher-Blanc.

Le bulletin paroissial Le Rocher Blanc date de 1920. La partie du nord-est de l’Anse-au-Sable, urbanisée, est depuis connue comme le Rocher-Blanc.

 Références

Vue du faubourg Saint-Robert en développement. On aperçoit au premier plan le moulin Dionne & Frères qui fait face à la rivière Rimouski et, derrière le moulin, le début de l'actuelle avenue Sirois. Source : La rue Tessier à Rimouski, 1948, J.-Gérard Lacombe, Photographie noir et blanc, Archives nationales du Québec à Rimouski (P24).Le faubourg de la terre du domaine de Rimouski

Le faubourg de la terre du domaine de Rimouski, futur quartier Saint-Robert, commence à s’établir en 1829, quand Catherine Drapeau loue un terrain sur le bord de la rivière pour la cour à bois de William Price. Sœur du seigneur Joseph Drapeau, elle avait reçu la terre de ce dernier en 1803.

Price bâtit un grand hangar et une écurie près de l’avenue Sirois. Catherine Drapeau loue des terrains à l’ouvrier Joseph Bégin et à Joseph Vaillancourt, huissier, en 1830 et 1833. Par la suite, des artisans et commerçants s’installent tout près. Edouard Guillet, après dix ans d’occupation, cède son magasin à Élie Tourangeau en 1849.

En 1854, Catherine Drapeau cède sa terre aux seigneuresses Drapeau, mais conserve les revenus des terrains loués à Étienne Pineau et à Adolphe Martin, marchands établis près du brise-lames, François-Xavier Boucher, Gaspard Dion fils, menuisier, Michel Ruest, journalier, Benjamin Chassé, menuisier, François Lizotte, colfateur, Joseph Harper, tailleur, Hyacinthe Côté, Édouard Jouvin, Cifroy Mignot dit Labrie, Octave Lavoie et Jean-Baptiste St-Pierre, écrivain, tous installés près de l’avenue Sirois.

Le charpentier Louis Ouellet et les journaliers Michel Ruest et Thomas Gagné s’y installent en 1859. Luc Sylvain, gérant de Price, Gaspard Dion fils, menuisier, Charles Proulx, journalier et Ulric Côté, menuisier y habitent en 1869. Plusieurs d’entre eux travaillent aux chantiers maritimes de l’embouchure de la rivière, comme François Lizotte et Hyacinthe Côté en 1840. Le menuisier Julien Landry y fabrique des chaloupes en 1858. Par la suite, le développement se poursuit le long de la rue Tessier.

Références

Photographie montrant la maison de l’avocat Amédée Caron en 1929.
En arrière-plan, le vieux Château Rouleau ou se trouve aujourd’hui la rue
Sainte-Thérèse. Source : Centenaire de Rimouski, Album-souvenir
1829-1929, S. Vachon éditeur, Rimouski, p. 53
La terre du maître-pilote Pierre Rouleau, rue Saint-Germain Ouest

La terre de 6 arpents de front (350 mètres) du maître-pilote Pierre Rouleau occupait le terrain depuis les Halles Saint-Germain jusqu’à l’ouest de la rue Lavoie, à la limite de la terre du seigneur. Pierre Rouleau achète cette terre en 1814 et y construit une maison connue plus tard comme le Vieux Château Rouleau. Avec d’autres pilotes, il acquiert une goélette nommée « Maid of the Mill » en 1834. Il profite du navire pour transporter du fret pour son compte et se fait commerçant. Il fait bâtir une grange-étable servant d’entrepôt en 1841. Il bâtit un quai sur le site de l’actuel brise-lames, à l’embouchure de la rivière Rimouski. En 1845, sa terre est encore boisée, il fait couper le bois jusqu’au talus de la rue Sainte-Marie. Il loue un terrain au notaire John Heath en 1848 (site de la librairie l’Alphabet). Rouleau décède en 1852. Sa seconde épouse, Elisabeth Côté, décède en 1857, au moment où une nouvelle maison à deux étages est en construction.

Son fils, l’avocat Ferdinand-Fortunat Rouleau, hérite de la propriété. Entre 1862 et 1877, il loue des terrains entre la rue Lavoie et les Halles Saint-Germain, sur la rue Sainte-Thérèse et sur le surplomb de la rue Sainte-Marie, site de l’actuel hôpital.

En 1882, Ferdinand-Fortunat renouvelle les baux de ses locataires dont ceux de Malcolm Côté, marchand, Théophile Couillard, marchand, Paschal Martin, journalier, Eustache Dionne, forgeron, Étienne Lachance, menuisier, François Parent, mécanicien, William Butchard, négociant, Zéphirin Simard, maître-meublier, Marie-Françoise Lepage, marchande, George St-Pierre, typographe, Anthyme et Pierre Drapeau, marchands, Jean Julien, plâtrier, Joseph-Norbert Pouliot, avocat, Ovide Perron, forgeron, Émilie Garon, institutrice, Philie-Hélène Fournier, épouse de Tobie Michaud, Jeremiah Nolan, marchand et Edward O’Doherty, marchand.

Il fait construire vers 1876 le Château Rouleau situé au 211, rue Saint-Germain Ouest. L’avenue Rouleau perpétue la mémoire de Ferdinand-Fortunat Rouleau décédé en 1906.

Références

Vue montrant les édifices situés sur les rues Saint-Germain, Saint-Paul et Saint-Pierre, à l’est de la Cathédrale. Source : Vue de Rimouski, à l’est de la Cathédrale, 1919. Photographe non identifié. Archives nationales du Québec à Rimouski (P71).La naissance du village de Rimouski, à l’est de la terre de l’Église, 1824-1870

Le village de Rimouski a connu son essor entre 1824 et 1870, de l’avenue de la Cathédrale à la rue Lepage, sur une terre de quatre arpents. Celle-ci fut donnée par Pierre Lepage de Saint-Barnabé fils à son fils Charles en 1781. Charles donne l’ouest à Charles fils et l’est à Macaire en 1808. Charles fils donne son bien à Louis-Jacques en 1834 et Macaire donne le sien à Eusèbe en 1842.

Macaire, en 1824, et Louis-Jacques, en 1838, louent progressivement des emplacements où s’installent commerçants et artisans. Il en résulte un village bien établi en 1870.

Côté nord, en descendant la rue Saint-Germain vers l’est, se trouvent Hector Crawley, marchand, Jean Fillion, forgeron, Josué Lepage, prêtre, Anthime Sirois, forgeron, Damase Dion, forgeron, Charles Fortier, boulanger, Éloi Dion, forgeron, Edouard Martin, dentiste. Du côté sud de la rue en descendant vers l’est, Denis Maguire, marchand, Jean Lepage, menuisier et commerçant avec son épouse Mary-Ann Bidwill, Edouard Martin, marchand, Jean-Baptiste Lepage, agent des terres de la Couronne, François Pouliot, forgeron et au-delà de la rue Lepage, la maison du notaire Joseph Garon. 

Sur la rue Saint-Paul (rue du Marché à l’époque), côté nord, on retrouve le collège industriel de l’abbé Cyprien Tanguay, le notaire Louis-François Garon et côté sud, Elzéar Sirois, sellier et Simon St-Pierre, maçon. Côté sud de la rue Saint-Pierre, Eugène-Arthur Dugal , tanneur, Pierre Parent, rentier, demoiselle Sarah Lepage et Amable Dionne, domestique.

En haut de l’avenue de la Cathédrale (rue des Avocats à l’époque), côté nord, André-Elzear Gauvreau, Georges et Elzéar Morneau, forgerons et Joseph Chalifour shérif. Le quartier se développe ensuite jusqu’en 1900 par les rues Saint-Paul, Saint-Pierre et de l’Évêché jusqu’à l’avenue Belzile.

 Références

La rue Saint-Germain vue du clocher de la cathédrale. À droite, au premier plan, près du fleuve, le bâtiment au toit à mansarde correspondrait au magasin construit par Henri Martin vers 1841. Louis-Octave Vallée. Collection Société rimouskoise du patrimoine, SPR-2021.3.1 Don des Archives R.S.R.Louis Lepage de Saint-Germain à Rimouski, après 1790

Après que Louis Lepage de Saint-Germain ait vendu sa seigneurie de Rimouski à Joseph Drapeau, en 1790, ce dernier lui concède une terre de 4 arpents de front, allant de la terre de l’Église aux Halles Saint-Germain. Lepage, charpentier menuisier, habite alors une petite maison, à l’est de l’Église, sur la terre de son neveu Charles. Il la vend en 1814 pour construire sur sa propre terre, toujours sans bâtisses. Puis, entre 1835 et 1841, Henry Martin achète la terre et y bâtit un magasin de marchandises diverses. La terre est en bois debout, sauf le long du Chemin du Roy. Le bois est coupé en montant au sud.

En 1844, Henry Martin afferme sa terre, sur laquelle se trouve une petite maison occupée par Paschal Sirois, au fermier Hilaire Tremblay. Il loue également au cordonnier Pierre Fournier des emplacements sur la grève et un terrain portant du bois pour construire une maison.

De 1847 à 1869, Martin loue des terrains aux commerçants et artisans et le village prend forme à l’ouest de l’Église. De chaque côté de la rue Saint-Germain se retrouvent le cordonnier Louis Fournier, les forgerons Ovide Perron, George Lizotte, Augustin Lepage et Antoine Sinclair, le menuisier Gaspard Dion et les commerçants J.-Théophile Couillard, Élie Tourangeau, Michel Parent, les commerçantes Georgiana Bernier (épouse de Samuel Côté) et Marie-Françoise Lepage ainsi que l’arpenteur Auguste Bradley.

Plus haut, sur le site du futur hôpital, l’huissier et shérif Achille Fournier, ainsi que Joseph-Magloire Hudon, avocat et premier maire de Rimouski, bâtissent leurs maisons. Plus tard, les frères du Sacré-Cœur construisent leur école près de la rue de l’Évêché en 1921.

Références

Vue de la Pointe-au-Père en 1870. Extrait du plan : Havre de Rimouski, G.F. Baillargé, 1870, Bibliothèque et archives Canada, e011182057.Paul Lepage et la seigneurie de la Mollaie

C’est en 1747-1748 que Paul Lepage acquiert la partie nord-est de la seigneurie de Lessard ou Pointe-au-Père. Ce territoire s’étend de l’avenue du Père-Nouvel au site de l’actuel Moulin banal du ruisseau à la Loutre.

Paul Lepage s’attribue alors le titre de seigneur du fief de La Mollaie. Ce toponyme pourrait provenir de mollière, possiblement pour marais salant de Pointe-au-Père.

Lepage exploite des pêches à saumon sur les battures* de son fief ainsi que sur sa propriété située entre l’avenue de la Cathédrale et la rue Langevin, ou encore à l’Anse-au-Sable, dans le district de Sacré-Cœur et à l’Anse-aux-Coques à Sainte-Luce. Lepage engage des pêcheurs saisonniers, dont vraisemblablement des Mi’gmaqs et des Malécites. Entre 1746 et 1751, Lepage et ses enfants sont d’ailleurs parrains ou marraines d’Autochtones. 

En 1767, Paul Lepage donne des terres à sa fille Reine, épouse d’Antoine Ruest, et à son fils Louis-Alexandre Molé. Sa fille Isabelle obtient une terre en 1780. En 1783, Louis-Alexandre cède une partie de sa terre à sa sœur Élisabeth, épouse de Chrysostome Arbour. La famille occupe tout le terrain entre l’avenue Père-Nouvel et l’avenue de l’Industrie. Paul Lepage cède sa terre de Pointe-au-Père à Jean Dechamplain en 1781.

Entre 1774 et 1784, Louis-Alexandre Molé vend sa propriété de la Pointe à Jean-Baptiste Banville, Antoine Pineau et Pierre Collin.  De 1782 à 1786, Louis Dutremble, Alexandre Desrosiers, Jean-Baptiste Robinson et Antoine Hazard Morin obtiennent des terres. À compter de 1790, des pilotes s’installent, dont William Ross, père et fils, Alexandre, Daniel et Jean-Baptiste Ross, Louis Lavoie, Pierre Rouleau, Jean Langlois. Ils sont imités de dizaines d’autres pilotes, ce qui caractérisera l’aspect maritime de Pointe-au-Père jusqu’en 1959, date du déménagement de la station de pilotage aux Escoumins.

*Partie du rivage que la marée descendante laisse à découvert.

Références

La maison à colombage de Louis Lepage de Saint-Barnabé, bâtie vers 1746, est sise au 418, rue Tessier, face à la rue des Faisans. Crédit BAnQ Macro-inventaire, 1977.La seigneurie d’Arrimoustique en 1744

En 1744, l’arpenteur Charles François parcourt la seigneurie d’Arrimoustique, nom par lequel il désigne la localité. Sa mission : borner les terres des 28 censitaires de Pierre Lepage de Saint-Barnabé, en commençant par celle de Pierre St-Laurent (près de l’église Sainte-Agnès) en descendant jusqu’à Pointe-au-Père. 

Vingt ans plus tôt, Pierre Lepage dénombrait douze concessionnaires sur sa seigneurie, de la Pointe-à-Pouliot en montant vers l’ouest : les habitants Vautour, Guy, Chicot, Moreau père, deux fils Moreau, Gasse, Laneau, Langoumois, Desrosiers, Gosselin et Pierre St-Laurent.

En 1744, on compte encore sept de ces douze habitants, auxquels se sont ajoutés 21 nouveaux occupants. Tout le terrain depuis le parc Beauséjour jusqu’à l’avenue de l’Empress, à Pointe-au-Père, est alors habité. Le domaine de Pierre Lepage s’étend de la Montée Sainte-Odile à la terre de l’Église, domaine qu’il partage entre ses trois fils en 1746.

Louis obtient le terrain de la Montée Sainte-Odile jusqu’à la rue des Faisans et sa maison est sise au 418, rue Tessier. Suit Pierre Lepage fils jusqu’à la rue Saint-Antoine. Il est le propriétaire probable de la Maison Perron du 366, rue Saint-Robert. Enfin Germain, seigneur en 1754, obtient le reste du domaine et sa maison se trouve au 263-269, rue de l’Évêché ouest. À l’est de l’avenue de la Cathédrale, depuis 1733, ses frères Nicolas-Dominique et Paul de la Mollaie occupent le secteur, le premier jusqu’à l’avenue Belzile et le second, de l’avenue Belzile jusqu’à la rue Langevin.

En 1744, Lepage partagea un autre domaine, à l’ouest du ruisseau Germain-Roy, entre ses filles Marie-Cécile (mariée à Gabriel Côté) et Marie-Agnès (mariée à Basile Côté), propriétaire de la Maison Lamontagne.

Références


Sur cette photo, à gauche, sur son emplacement d’origine, la Maison du notaire Pierre-Louis Gauvreau. Crédit BanQ Macro-inventaire aérien.La deuxième maison de René Lepage à Rimouski

À l’arrivée de René Lepage, en 1696, la seigneurie de Rimouski s’étire de la rivière Hâtée jusqu’à la rivière Rimouski. Sa belle-mère, Barbe Fortin, veuve de Pierre Gagnon, avec Pierre Lessard son second mari, obtient en 1696 la seigneurie Lessard, circonscrite entre la 2e Avenue de Rimouki-Est et le ruisseau à la Loutre de Sainte-Luce. Les enfants de Pierre Gagnon et de Barbe Fortin, dont Marie-Madeleine Gagnon, épouse de René Lepage, reçoivent la moitié de cette propriété partant de la 2e Avenue à la rue de l’Empress. Lepage achète les parts des enfants Gagnon et, de plus, s’approprie le terrain non-concédé depuis de la rivière Rimouski jusqu’à la seigneurie Lessard et il établit son domaine entre l’avenue de la Cathédrale et la rue Langevin. Il bâtit, à l’est de l’avenue Belzile, sa deuxième maison, près de la jonction actuelle des rues Saint-Germain Est et Légaré.

En 1733, Pierre Lepage concède la partie est du domaine et la maison à Paul Lepage de la Molaie. Ce dernier donne cette propriété à son fils Louis-Antoine Lamolée Lepage. Pierre Lepage de Saint-Barnabé fils l’acquiert en 1767.

Pierre Lepage de Saint-Barnabé fils donne la moitié de cette propriété, avec la maison, à son fils Germain en 1779. Germain Lepage la vend, en 1794, à Judith Drapeau, épouse de Jean Levasseur et sœur du seigneur Joseph Drapeau. Leur fils Augustin Levasseur obtient la maison en 1812 et vend la maison au notaire Pierre Gauvreau en 1827. Son fils Pierre-Louis l’obtient en 1850, il donne un terrain et la maison à sa fille Caroline en 1865 et rachète la propriété en 1880. La maison est démolie vers 1882. La veuve de Pierre-Louis, Célina Têtu, fait construire la maison Pierre-Louis Gauvreau sur la rue Saint-Germain à l’est de la rue Belzile. Cette maison est déménagée vers 1950 au 150-152, rue Saint-Pierre.

Références

Photographie montrant la maison Perron, laquelle correspondrait à maison construite par Pierre Lepage de Saint-Barnabé vers 1746. À l’extrême droite, on aperçoit une partie du mur pignon de la maison Lavoie avec, en arrière, une maison avec cheminée, laquelle coïnciderait à la première maison de René Lepage. Madame Lucille Lavoie rapporte qu’avec ses frères, elle dormait dans la vieille maison pendant la construction de la maison Lavoie.La première maison seigneuriale de René Lepage de Sainte-Claire

En 1873, l’abbé Charles Guay, dans Chroniques de Rimouski, suivant la tradition, rapportait qu’à son arrivée à Rimouski en 1696, René Lepage avait bâti une première maison de 50 pieds sur 20, au Brûlé (nom ancien des actuels districts de Saint-Robert et Sainte-Odile) sur la terre que Paul Lepage, son arrière-arrière-petit-fils (descendant de la cinquième génération), occupait en 1873. Cette première maison de René Lepage était située près de la jonction des actuelles rues Saint-Robert et Michel-Brûlé.

En 1711, René Lepage donne cette terre et la maison à son fils Pierre Lepage de Saint-Barnabé qui, en 1724, par un aveu et dénombrement, décrit sa propriété comme étant une maison, grange, étable, écurie, bergerie et 18 arpents de terre labourable. Ce dernier en fait à son tour don à Pierre Lepage de Saint-Barnabé fils en 1746. Celui-là, avant 1781, construit sur sa terre une deuxième maison. Il donne cette même année la terre et les bâtiments à son fils Joseph. Joseph habite la vieille maison tandis que son père demeure dans la plus récente jusqu’en 1802. En 1808, l’épouse de Joseph décède. Inventaire, vente et partage avec les enfants révèlent la présence de deux maisons sur cette terre. Paul devient propriétaire de la première maison en 1815.

Joseph fait donation de la moitié ouest de la terre, avec la vieille maison, à son fils Paul en 1815. Son fils Michel en est par la suite propriétaire en 1847. Il la transmet à son fils Cyprien en 1888. Georges Castonguay achète la terre avec la maison en 1909; il la cède en 1917 à sa fille Édith Castonguay, épouse de Georges Lavoie. Lavoie la démolit et construit une nouvelle maison qu’occupe leur fils Joseph-Régule en 1930, laquelle maison se trouve encore aujourd’hui au 374, rue Saint-Robert.

Références



Secteur des lacs Macpès et de la Pêche à l’anguille située à la sortie du canyon des portes de l’enfer de la rivière Rimouski. Une partie du territoire de chasse et de pêche probable des Mélécites Saint-Aubin de Sainte-Blandine. Sources : Extraits des cartes 22 C/7 et 22 C/8 établies par la Direction des levées et de la cartographie, ministère de l’Énergie, des mines et des ressources du Canada, 1980.


Les Malécites Saint-Aubin de Sainte-Blandine 

Saviez-vous que les Malécites Saint-Aubin, de Sainte-Blandine, aussi connus sous le patronyme Thomas, sont issus de Charles Saint-Aubin, uni à une Malécite vers 1690? Les arrière-petits-fils de ce dernier, Joseph et Louis-Thomas, obtiennent pour leur communauté la Réserve de Viger en 1827. Ces Malécites bivouaquent sur le territoire, chassant, pêchant et trappant.

Les Saint-Aubin fréquentent la contrée de Rimouski. Leur territoire d’exploitation englobe vraisemblablement Sainte-Blandine, les lacs Macpès et le lieu-dit de la Pêche à l’Anguille, à la jonction du ruisseau du lac Chaud et de la rivière Rimouski.

En 1823, Noël Thomas et Louis Thomas sont dans la région de Rimouski. Judith Thomas arrive en 1824, Pierre et François Thomas en 1837 et Pierre Thomas en 1849. Joseph-Charles Taché, vers 1856, rencontre, près de la rivière Rimouski, le chef Louis Thomas, qui lui raconte la légende du Sagamo de Kapskouk.

En 1864, François-Étienne, fils de Louis-Thomas, vend sa maison de Sainte-Odile. En 1866, Thomas, Félix, François et Xavier Saint-Aubin, chasseurs, cèdent contre des marchandises les patates qui croissent sur la terre de Pierre Brisson au 2e Rang de Sainte-Blandine et l’orge poussant au 1er Rang, chez Nazaire Aimont, tandis que Xavier se procure une chaloupe pour chasser le marsouin contre la récolte de seigle de sa terre du 5e Rang. Le Nouvelliste de Rimouski, en 1879, rapporte qu’il en a capturé un près de l’île Saint-Barnabé. D’après les recensements de 1881 et de 1891, les Saint-Aubin sont toujours désignés chasseurs.

Pierre-Jacques Aubin épouse en 1882 à Sainte-Blandine Émilie Brisson. François Brisson épouse Odile Aubin en 1886 et Pierre, fils de Pierre-Jacques Aubin, épouse Éva Brisson en 1915. Leurs descendants sont encore présents sur le territoire de Rimouski en 2021, dont bon nombre dans le district de Sainte-Blandine/Mont-Lebel.

Références

Extrait d’une carte localisant l’île Saint-Barnabé avec, située à proximité, La Baye des Sauvages.
Tiré de : Carte du cours du fleuve Saint-Laurent depuis son embouchure y compris le Lac supérieur, 1680, envoyé par M de Belmont.
Source : Gallica, Bibliothèque nationale de France, Département cartes et plans, GE DD-2987 (8662 B).

Les Autochtones et René Lepage

Saviez-vous qu'au moment de l’arrivée de René Lepage à Rimouski en 1696, les Mi’gmaq et les Malécites occupent le territoire? Ils descendent des terres vers le littoral en mars, vivent des ressources du fleuve et remontent passer l’hiver dans l’arrière-pays au mois de décembre. À la pointe du Vieux Bic, en 1685, des Mi’gmaq, dans cinq cabanes, se disposent à la pêche du loup-marin et du saumon. Ils ont pour habitude, aux embouchures des rivières, de cabaner en famille.

À l’époque de Lepage, une seigneurie comme la sienne vise l’ouverture de la colonisation avec de la main-d’œuvre indigène et une mise en valeur du territoire par l’exploitation des ressources, dont les pêcheries et les fourrures, afin qu’ils deviennent des habitants de la colonie. Lepage compte avec lui Étienne Pomminville, connu comme voyageur en 1696, probablement son interprète auprès des Autochtones, et qui épousera l’Autochtone Marguerite à Rimouski en 1718.

La famille Lepage noue des relations intimes avec les Autochtones qui coopèrent avec eux. Entre 1701 et 1758, les membres de la famille Lepage participent aux cérémonies de baptême ou de mariage lors de 40 événements impliquant des Autochtones. Parmi ces derniers se trouvent les membres des familles Thomas, Chakemar, Tiganne, Dechiche, Adamquet, Lichard, Sellier, Gaudin, Gondouèche et Tamquet, de même que les membres des familles d’Antoine et Madeleine ainsi que de Philippe et Catherine, des Maricides de Médoctek.

Au total, pas moins de 263 événements engageant des Autochtones, principalement des Mi’gmaq, des Malécites et aussi des Iroquois, Abénaquis, Hurons, sont consignés au registre de la paroisse de Saint-Germain, entre 1701 et 1879

Références