En savoir plus

Rimouski, à travers sa ligne du temps

Retrouvez ici la série de chroniques historiques qui sera diffusée de façon hebdomadaire jusqu'au 9 septembre, sous la forme d’une ligne du temps. Les textes sont d’abord diffusés sur notre page Facebook officielle, puis répertoriés ici dans leur intégralité.

Vous découvrirez à travers ces récits, des faits anecdotiques des différents districts ainsi que des passages de l’histoire rimouskoise plus méconnus. Une façon plus littéraire et créative d’en savoir plus sur les origines de Rimouski et les différents peuples qui ont marqué l’histoire.

La première maison seigneuriale de René Lepage de Sainte-Claire

En 1873, l’abbé Charles Guay, dans Chroniques de Rimouski, suivant la tradition, rapportait qu’à son arrivée à Rimouski en 1696, René Lepage avait bâti une première maison de 50 pieds sur 20, au Brûlé (nom ancien des actuels districts de Saint-Robert et Sainte-Odile) sur la terre que Paul Lepage, son arrière-arrière-petit-fils (descendant de la cinquième génération), occupait en 1873. Cette première maison de René Lepage était située près de la jonction des actuelles rues Saint-Robert et Michel-Brûlé.

En 1711, René Lepage donne cette terre et la maison à son fils Pierre Lepage de Saint-Barnabé qui, en 1724, par un aveu et dénombrement, décrit sa propriété comme étant une maison, grange, étable, écurie, bergerie et 18 arpents de terre labourable. Ce dernier en fait à son tour don à Pierre Lepage de Saint-Barnabé fils en 1746. Celui-là, avant 1781, construit sur sa terre une deuxième maison. Il donne cette même année la terre et les bâtiments à son fils Joseph. Joseph habite la vieille maison tandis que son père demeure dans la plus récente jusqu’en 1802. En 1808, l’épouse de Joseph décède. Inventaire, vente et partage avec les enfants révèlent la présence de deux maisons sur cette terre. Paul devient propriétaire de la première maison en 1815.

Joseph fait donation de la moitié ouest de la terre, avec la vieille maison, à son fils Paul en 1815. Son fils Michel en est par la suite propriétaire en 1847. Il la transmet à son fils Cyprien en 1888. Georges Castonguay achète la terre avec la maison en 1909; il la cède en 1917 à sa fille Édith Castonguay, épouse de Georges Lavoie. Lavoie la démolit et construit une nouvelle maison qu’occupe leur fils Joseph-Régule en 1930, laquelle maison se trouve encore aujourd’hui au 374, rue Saint-Robert.


Références bibliographiques



Les Malécites Saint-Aubin de Sainte-Blandine 

Saviez-vous que les Malécites Saint-Aubin, de Sainte-Blandine, aussi connus sous le patronyme Thomas, sont issus de Charles Saint-Aubin, uni à une Malécite vers 1690? Les arrière-petits-fils de ce dernier, Joseph et Louis-Thomas, obtiennent pour leur communauté la Réserve de Viger en 1827. Ces Malécites bivouaquent sur le territoire, chassant, pêchant et trappant.  

Les Saint-Aubin fréquentent la contrée de Rimouski. Leur territoire d’exploitation englobe vraisemblablement Sainte-Blandine, les lacs Macpès et le lieu-dit de la Pêche à l’Anguille, à la jonction du ruisseau du lac Chaud et de la rivière Rimouski. 

En 1823, Noël Thomas et Louis Thomas sont dans la région de Rimouski. Judith Thomas arrive en 1824, Pierre et François Thomas en 1837 et Pierre Thomas en 1849.  

Joseph-Charles Taché, vers 1856, rencontre, près de la rivière Rimouski, le chef Louis Thomas, qui lui raconte la légende du Sagamo de Kapskouk

En 1864, François-Étienne, fils de Louis-Thomas, vend sa maison de Sainte-Odile. En 1866, Thomas, Félix, François et Xavier Saint-Aubin, chasseurs, cèdent contre des marchandises les patates qui croissent sur la terre de Pierre Brisson au 2e Rang de Sainte-Blandine et l’orge poussant au 1er Rang, chez Nazaire Aimont, tandis que Xavier se procure une chaloupe pour chasser le marsouin contre la récolte de seigle de sa terre du 5e Rang. Le Nouvelliste de Rimouski, en 1879, rapporte qu’il en a capturé un près de l’île Saint-Barnabé. D’après les recensements de 1881 et de 1891, les Saint-Aubin sont toujours désignés chasseurs.

Pierre-Jacques Aubin épouse en 1882 à Sainte-Blandine Émilie Brisson. François Brisson épouse Odile Aubin en 1886 et Pierre, fils de Pierre-Jacques Aubin, épouse Éva Brisson en 1915. Leurs descendants sont encore présents sur le territoire de Rimouski en 2021, dont bon nombre dans le district de Sainte-Blandine/Mont-Lebel.

Références bibliographiques

Les Autochtones et René Lepage

Au moment de l’arrivée de René Lepage à Rimouski en 1696, les Mi’gmaq et les Malécites occupent le territoire. Ils descendent des terres vers le littoral en mars, vivent des ressources du fleuve et remontent passer l’hiver dans l’arrière-pays au mois de décembre. À la pointe du Vieux Bic, en 1685, des Mi’gmaq, dans cinq cabanes, se disposent à la pêche du loup-marin et du saumon. Ils ont pour habitude, aux embouchures des rivières, de cabaner en famille.

À l’époque de Lepage, une seigneurie comme la sienne vise l’ouverture de la colonisation avec de la main-d’œuvre indigène et une mise en valeur du territoire par l’exploitation des ressources, dont les pêcheries et les fourrures, afin qu’ils deviennent des habitants de la colonie. Lepage compte avec lui Étienne Pomminville, connu comme voyageur en 1696, probablement son interprète auprès des Autochtones, et qui épousera l’Autochtone Marguerite à Rimouski en 1718.

La famille Lepage noue des relations intimes avec les Autochtones qui coopèrent avec eux. Entre 1701 et 1758, les membres de la famille Lepage participent aux cérémonies de baptême ou de mariage lors de 40 événements impliquant des Autochtones. Parmi ces derniers se trouvent les membres des familles Thomas, Chakemar, Tiganne, Dechiche, Adamquet, Lichard, Sellier, Gaudin, Gondouèche et Tamquet, de même que les membres des familles d’Antoine et Madeleine ainsi que de Philippe et Catherine, des Maricides de Médoctek.

Au total, pas moins de 263 événements engageant des Autochtones, principalement des Mi’gmaq, des Malécites et aussi des Iroquois, Abénaquis, Hurons, sont consignés au registre de la paroisse de Saint-Germain, entre 1701 et 1879.

Références bibliographiques